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Les programmes de bien-être sont-ils efficaces ?

Fasken
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Bulletin SST et CSPAAT

Dans tous les territoires du Canada, la législation en matière de santé et de sécurité au travail prévoit que les employeurs prennent toutes les précautions raisonnables, d'une façon ou d'une autre, pour assurer la santé et la sécurité de leurs employés. Au fil du temps, la notion de santé n'a plus été cantonnée à la protection des employés contre les maladies professionnelles et a englobé le bien-être des employés. Le bien‑être a un sens plus large et comprend certains aspects clés comme la promotion de la santé, la protection de la santé et les services de prevention.

Dans certaines organisations, la promotion de la santé ou du bien-être a été dévolue aux services de santé et de sécurité et aux ressources humaines. Peu importe qui est responsable du « bien-être » au sein de votre organisation, à un moment ou à un autre, un employeur devra décider si la promotion du « bien-être » en milieu de travail permet effectivement d'assurer le bien-être des employés. Il est généralement admis que la bonne santé des employés peut avoir une incidence directe sur les résultats financiers en réduisant les coûts au titre des régimes d'assurance maladie et d'indemnisation des accidents du travail. Mais cela est-il vrai ?

Les conclusions d'une nouvelle étude réalisée par Harvard et publiée le 16 avril 2019 dans le Journal of the American Medical Association ont remis en question l'efficacité des programmes de bien-être. Cette étude, qui portait sur le programme complet offert par une importante société de vente au détail américaine, a permis de conclure que ce programme avait donné lieu à un pourcentage de comportements positifs autodéclarés beaucoup plus élevé parmi les employés qui avaient été exposés au programme de bien-être que parmi ceux qui n'y avaient pas été exposés. Cependant, après 18 mois, aucune différence significative n'a été relevée dans les mesures cliniques de santé, les frais de soins de santé, le recours aux soins de santé, l'absentéisme, la permanence et le rendement.

La réussite d'un programme de bien-être et sa capacité de procurer de façon continue des avantages à long terme pour les employés et pour l'employeur dépend de la mesure dans laquelle il s'intègre à la culture d'entreprise de l'employeur. Pour comprendre les besoins des employés en matière de santé et de sécurité, il faut leur demander de participer à un sondage, analyser les taux d'absentéisme et déterminer les causes fondamentales des accidents et des maladies professionnelles. Ce n'est qu'en comprenant les causes d'accidents ou de maladies, professionnelles et non professionnelles, qu'un employeur sera en mesure de promouvoir le bien-être sur le lieu de travail et d'obtenir de bons résultats à ce chapitre.

Le choix du programme n'est que le début. Pour déterminer s'il y a eu une nette amélioration de la santé de leurs employés, les employeurs doivent surveiller et mesurer l'utilisation du programme et passer en revue les statistiques relatives aux régimes d'assurance maladie et d'indemnisation des accidents du travail. Le programme devra être revu périodiquement afin de tenir compte des changements organisationnels, notamment quant à la composition de l'effectif.

Les employeurs doivent prendre des décisions judicieuses à l'égard de ces programmes. Ils doivent notamment s'assurer que le programme qu'ils adoptent pour leur organisation convient à leurs employés et que ces derniers utilisent réellement les services et tirent des avantages à long terme de saines habitudes de vie.

« Faire attention à ma santé aujourd'hui, me donne de l'espoir pour demain » - Anne Wilson Schaef (auteure américaine qui a été décrite comme l'un des plus grands penseurs de notre époque et dont les œuvres se répartissent en deux catégories : (1) des commentaires théoriques sur la société, son fonctionnement ou son dysfonctionnement, et (2) des livres sur la connaissance personnelle et la guérison).